Bernadette LAFONT - Frédéric MISTRAL


Bernadette LAFONT: une vie de cinéma, par Bernard BASTIDE

 17 mai 2014
« J’avais très envie d’un livre qui retracerait ma carrière ».
 

Bernadette Lafont a mené sa vie tambour battant, libre, passionnée et attachante ; plus particulièrement sa vie d’actrice, exigeante, professionnelle et toujours émerveillée d’être devant les caméras. Dans ce beau livre très illustré (500 documents et photos), elle retrace avec Bernard Bastide, historien du cinéma et fidèle complice, sa carrière impressionnante. Elle évoque aussi son enfance et ses premiers pas dans le monde du cinéma.

C’est aussi l’histoire du cinéma français depuis les années soixante à travers le regard d’une comédienne dont la passion était restée intacte et qui nous a quitté trop vite. On y retrouve des textes de François Truffaut, Claude Chabrol, Pierre Desproges, Coluche … De très beaux portraits réalisés par des photographes talentueux : Willy Rizzo, Gilles Caron, Sam Lévin, Roger Corbeau, Jean-Loup Sieff …

Le syndicat français de la critique de cinéma a décerné le prix du meilleur album au livre : Bernadette Lafont, une vie de cinéma de Bernard Bastide.
« Chaque actrice doit rêver d’un tel livre à la fois beau et passionnant, enthousiaste et informé »

(Blog de Laurent Delmas, site France-Inter, 25 oct.2013)

Frédéric MISTRAL, L'homme et le poète, par Danielle JULIEN

Docteur en études occitanes

3 octobre 2014

Frédéric Mistral est né en 1830 et mort en 1914 à Maillane dans les Bouches-du-Rhône, au pied des Alpilles. Fils d'exploitants agricoles, il n'entend parler que la langue provençale durant toute son enfance. Pensionnaire à douze ans, il fait la rencontre de Joseph Roumanille, un jeune surveillant qui écrit de la poésie en provençal. C'est une révélation et le début d'une longue amitié. Brillant élève, il décroche son baccalauréat à Nîmes, en 1847. Il décide néanmoins de retourner au mas familial pour s'occuper de la terre. Mais au bout d'une année, il se rend compte que ce n'est pas sa voie. II part alors à Aix-en-Provence pour faire une licence de droit. Il y découvre l'histoire de la Provence, le théâtre, les troubadours et sa vocation.

En 1854, avec six autres poètes, Joseph Roumanille, Théodore Aubanel, Jean Brunet, Paul Giéra, Anselme Mathieu et Alphonse Tavan, il fonde le mouvement littéraire le Félibrige qui milite pour la renaissance de la langue provençale.
 
Frédéric Mistral a eu trois demeures successives à Maillane, la mas du Juge, la maison du Lézard et celle qui est connue sous le nom de Museon Frederi-Mistral.

Mistral est l'auteur du Lou Tresor dóu Felibrige (1878-1886), qui reste à ce jour le dictionnaire le plus riche de la langue d'oc, et l'un des plus fiables pour la précision des sens. C'est un dictionnaire bilingue provençal-français, en deux grands volumes, englobant l'ensemble des dialectes d'oc, Mireille et le prix Nobel de 1904.

Son œuvre capitale est Mirèio (Mireille), publiée en 1859 après huit ans d'effort créateur. Mirèio, long poème en provençal, en vers et en douze chants, raconte les amours contrariées de Vincent et Mireille, deux jeunes provençaux de conditions sociales différentes.




Frédéric Mistral a fait édifier son tombeau en 1907, avant sa mort en 1914 : c’est une réplique très fidèle du Pavillon de la Reine Jeanne des Baux-de-Provence. Sur la cloche qui sonna le glas pour annoncer sa disparition, est gravé un poème daté de 1907, intitulé "Moun toumbéu".

Il fut inscrit quelques jours avant sa mort : c’est en allant admirer le travail du sculpteur dans l’église que Mistral prit froid et mourut.


Les Musiques de la Grande Guerre


par Elisabeth MAURIN



Plus de 1500 chansons ont été écrites durant la Première Guerre Mondiale. Si certaines de ces chansons sont restées dans la mémoire populaire, comme « La Madelon », la grande majorité reste inconnue du grand public, entre autres parce que la plupart est retombée dans l’oubli à la fin de la guerre. Or, l’ensemble de ces chansons constitue un instantané, une « photographie musicale », un ressenti de ces 4 terribles années, que ce soit celui des tranchées comme de « l’arrière ». C’est à la découverte de ce répertoire que cette conférence invitait.


J’ai alors découvert que « Des milliers et des milliers de chansons ont été écrites en France pour mobiliser contre l’Allemagne et l’Autriche-Hongrie, donner courage aux Poilus, consoler veuves et orphelins, justifier les sacrifices énormes de la nation, mais aussi critiquer les profiteurs de l’arrière, amuser les permissionnaires, faire rêver les soldats, soulager les endeuillés. Des caf’ conc’ bruyants aux temples de la musique classique, des casernes aux hôpitaux, des écoles primaires aux trains de permissionnaires, des ouvroirs des dames de charités aux salons des maisons closes, on a chanté la guerre de manière obsessionnelle. »
A la déclaration de guerre, la fièvre patriotique flambe de plus belle entraînant une multiplication de chansons produites par 2 groupes : celui des soldats et celui des musiciens professionnels, ceux-ci d’ailleurs encouragés par les pouvoirs publics qui « aident à promouvoir une chanson patriotique souvent sans nuances, censée galvaniser les « pt’its gars » du front, et entretenir pour les civils, à l’arrière, l’idée d’une guerre nécessaire, héroïque et bien vécue par les soldats » après, bien sûr, le passage inévitable d’Anastasie – la censure !
Notons que les poilus, qui vivaient l’enfer chaque jour, n’avaient pas besoin de leçons d’héroïsme et n’appréciaient guère ces chansons
!

Les chansons des Poilus
Un nombre considérable de ces chansons est anonyme mais, davantage que la production officielle, elles nous donnent les sentiments authentiques des poilus en évoquant sans prétention et quelquefois avec humour, leurs véritables conditions de vie : la promiscuité, la saleté, les rats, les puces et les poux, la mauvaise bouffe, la haine de l’ennemi, le désarroi, la peur, le sang, mais aussi les permissions, les embusqués, l’incompréhension de l’état-major, le vin et la gnôle, le manque des femmes - dans des textes souvent très émouvants comme celui de Dans les tranchées de Lagny.
 D’autres chansons sont ouvertement anti-guerre comme la célèbre chanson de Craonne, contemporaine des mutineries de 1917.

Les chansons de professionnels
Voici quelques-uns des sujets de ces chansons :

 - Satires violentes du détesté Guillaume II et des Prussiens – les barbares.
 - Le patriotisme - la glorification des poilus : Verdun, on ne passe pas – C’est notre drapeau.
 - L’équipement, l’armement : « Soixante quinze » sur le canon du même nom – Ma p’tite mimi (la mitrailleuse)  Rosalie (la baïonnette)…
 - Les femmes, les enfants : la séparation, l’attente, l’annonce de la mort du père ou du mari, ou du fils.
Ex. Maman attend le facteur
 - Les permissions
 - Les métiers de l’armée : les téléphonistes, les services sanitaires.



Parlons maintenant d’une chanson emblématique de la Grande Guerre : Quand Madelon (et pas « La Madelon » comme tout le monde la désigne habituellement).


 Savez-vous que Louis Bousquet, l’auteur des paroles (la musique est de Camille Robert), est originaire du Gard ? De Parignargues exactement où il est né en 1870 et où il décède en 1941.


« Quand Madelon » est l’une de ses nombreuses chansons – surtout comiques -  de son immense répertoire (parmi lesquelles « Le pinard »), mais Louis Bousquet fut également employé aux chemins de fer, marchand de cycles à Paris, premier maire de Beauchamp (Val-d'Oise) et éditeur !