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Pour la 2ème année, Les Amis de Bernis organisaient une soirée dans le cadre de la Nuit de la lecture, le but étant de lire à voix haute des extraits d’un livre favori, d’un poème qui plaît particulièrement ou de tout texte qu’on souhaite partager avec le reste du groupe.
 
Quelque 25 participants dont 10 lecteurs se retrouvèrent donc le samedi 19 janvier 2020, comme dans tous les coins de France et, après un apéritif prirent place dans le « cercle de lecture ».
Comme l’an passé, les textes furent très variés, aucun thème n’ayant été imposé.
C’est ainsi que l’on passa d’un récit pittoresque et humoristique sur l’Auvergne, à un texte d’un sketch de Noëlle Perna (Mado la Niçoise), à une nouvelle de Maupassant, à l’extrait d’un roman de l’écrivain franco-congolais Alain Mabanckou, un texte du célèbre neuropsychiatre Boris Cyrulnik, des expressions françaises, un poème de Prévert et même des textes personnels, comme le poème ci-dessous.
Une auberge espagnole permettait aux participants de se sustenter et d’échanger sur la soirée.


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NÎMES

par Viviane MIQUEL (2019)

Lovée tout comme Rome au pied de sept collines,
Tu arbores fièrement tes vingt siècles d’histoire.
Tu écoutes palpiter de ton oreille fine
Le cœur du Languedoc qui bat dans l’air du soir.
 
Née des eaux mystérieuses telle une Néréide
Au pied de la tour Magne, tu t’es agenouillée.
Tu as prêté allégeance, courbant ton front humide,
A un grand protecteur anonyme et muet.
 
C’est ton amphithéâtre qui attire les touristes,
Son ovale parfait défie les lois du temps.
Au détour d’une rue et presque à l’improviste,
La blondeur de ses pierres surprend aveuglément.
 
De la Maison Carrée jusqu’au Temple de Diane,
Tu invoques les dieux de la mythologie.
Exaucent-ils tes vœux ? En toi, rien de se fane,
Tu sembles protégée, à jamais à l’abri.
 
Auguste, magnanime, installe sa présence
Sur ta tête fleurie ; d’un regard bienfaiteur,
De l’antique statue à la Porte de France,
Il veille sur sa ville, attentif, protecteur.
 
Tes ruelles se croisent, se nouent et s’entremêlent,
Tissant dans l’Écusson leur toile d’araignée.
Tes longues avenues s’étirent et, toutes frêles
Tes cigales grésillent dans les micocouliers.
 
Tes enfants sont bruyants, ont le goût de la fête,
La Méditerranée les asperge d’embruns.
Est-ce donc pour cela que les ans ne t’affectent
Ou est-ce la Camargue qui bouillonne en chacun ?
 
Et quand, deux fois par an, tu te prends pour Séville
Et reçois en présent quelques toros fougueux,
Tes rues, du rouge et or de l’Espagne s’habillent
Et se cambrent en dansant sur des rythmes de feu.
 
Si depuis ton passé, ton cœur bat la chamade,
Notre époque est présente, en toi bien intégrée.
Le Carré d’Art reflète en sa lisse façade
Les deux mille en d’histoire qui ont fait ta renommée.
 
Tes hivers sont venteux, tes hivers sont torrides.
Le Mistral de décoiffe, le soleil te brunit.
Mais après tant d’années tu n’as pas une ride
Et ta modernité partout s’épanouit.
 
Le sang d’Occitanie alimente tes veines.
A l’ombre des Cévennes tu as choisi de t’ancrer.
La mer souffle sur toi l’ai frais de son haleine,
La Provence te frôle du haut de ses cyprès.
 
Tu seras pour toujours le symbole du sud,
Échevelée, brûlante et même sous l’orage,
Sous le vent, le soleil, avec mansuétude,
Face à l’adversité, tu aiguises ton courage.
 
C’est l’ombre de Daudet qui enveloppe la ville ;
Partout il est présent, son œuvre est dans nos cœurs.
Boulevard ou lycée, son patronyme brille,
Nous rappelant sans cesse son talent de conteur.
 
A l’ouest d’Avignon, préfecture papale,
A l’est de Montpellier, ville des facultés,
Tu as su trouver ta place, ô cité ancestrale,
Ô Nîmes, tu rayonnes pour toute éternité.

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