L'Orsalher ou Le montreur d'ours de Jean FLECHET

Présentation de Michel MASSAL

En 1982, Jean Fléchet tourne l’Orsalher (Le montreur d’ours) dans la vallée ariègeoise du Couserans d’Ercé, la vallée des ours, avec des acteurs occitans parlant Gascon, Béarnais (Marcel  AMONT), Languedocien ( Léon CORDAS, Rosina de PEIRA) Provençal ( Pierre AUBERT). Les militants occitanistes souscrivent à sa réalisation et aideront à sa distribution dans les salles associatives, municipales, car les grands distributeurs ne voudront pas de ce film qu’ils n’ont pas financé et programmé… Il est projeté d’abord dans les villes occitanes (Toulouse) puis Lyon où j’ai participé à la sortie de l’Orsalher  avec  le cercle occitan que j’animais ; puis Strasbourg et d’autres villes où sa diffusion fut relayée par les militants occitanistes  locaux, avant d’achever sa tournée à PARIS !
Le film sera projeté en 1983 au festival méditerranéen de BASTIA, obtiendra le prix du public au festival de GRENOBLE, puis ce sera enfin la sortie nationale et la présentation à la Biennale de BERLIN.
Le Toulousain Francis FOURCOU, assistant de Fléchet, producteur diffuseur de films, a dit de Fléchet qu’il était « un artisan du cinéma, un cinéma simple, aux valeurs humanistes, un cinéma de poésie, de la farce aussi où le monde de l’enfance est aussi précieux et riche que dans les films de Jacques TATI par exemple »


 

Réalisé d’après les récits des montreurs d’ours des vallées du Couserans, en Ariège, de leurs vies aventureuses au XIXème siècle, il est enrichi par la tradition des contes populaires de l’ours des Pyrénées, des fêtes, carnavals, masques, des combats parodiques avec les hommes, (par sa morphologie, sa ressemblance physique avec  l’homme, par son attitude, debout sur ses pattes de derrière, l’ours fait partie de la mythologie pyrénéenne, et les hommes cherchent à s’emparer de sa force terrible, « tellurique », comme ici, dans les abrivados ou les courses camarguaises où les jeunes rasétaïres rêvent de voler aux bious leur emportement fougueux et leur estrambòrd en s’opposant à eux dans une lutte violente.
Ainsi, Gaston, l’orsalher du film de Fléchet, capture un ourson, le nourrit, « l’élève », avant de partir le montrer de village en village jusqu’à Toulouse, avec ses tours de force et ses éclairs d’intelligence avec l’homme, son montreur.





 Demi-frères, Joël et Régis n’ont en commun que leur père qu’ils connaissent à peine.
Joël est au chômage et pas vraiment dégourdi. Le racisme  selon lui, est la cause de tous ses échecs.
Régis est de son côté totalement intégré.
Réclamés au chevet de leur père mourant aux Antilles, ils reçoivent pour tout héritage l’acte d’affranchissement qui a rendu la liberté à leurs ancêtres esclaves, document qui se transmet de génération en génération.
Faisant peu de cas de la richesse symbolique de ce document, ils le déchirent.
Décidée à les punir pour le geste qu’ils viennent de faire, une mystérieuse vieille tante qui les observait depuis leur arrivée aux Antilles décide de leur faire remonter le temps, en pleine période esclavagiste ! Parachutés en 1780, ils seront vendus au marché comme esclaves. Les deux frères vont alors devoir s’unir, non seulement pour s’évader de la plantation mais aussi pour trouver le moyen de rentrer chez eux, au XXIe siècle.