Dictée 2017

André Gardies - Autour de son roman :

"La baraque du cheval noir"


Dans cette version 2017, c’est André GARDIES qui est au four et au moulin. C’est lui l’organisateur avec Monique BARRIERE, et c’est lui aussi qui a concocté le texte de la dictée Il est l’invité du jour.

Une vingtaine de participants se concentre, sur un texte passablement épicé : « Monsieur Plume alias monsieur Clavier » Les pièges de notre belle langue, n’ont pas été épargnés aux candidats. Après une rédaction complexe, chacun corrige son texte et le résultat tombe, pour le meilleur, Lucien, quatre fautes, nous n’en dirons pas plus pour les suivants, qui ont fait face à de nombreuses difficultés linguistiques, mais s’en sont tirés honorablement.
Pour ceux qui ont lu le dernier ouvrage d’André GARDIES, « La baraque du cheval noir », un quizz est proposé.

André nous parle maintenant de son livre et relate tout d’abord ses sources d’inspirations. Sur un plateau isolé à côté de Château neuf de Randon, il existe une Baraque. La beauté sauvage des lieux, les couleurs automnales, le paysage noyé de brouillard, une atmosphère irréelle ont donné à l’auteur l’envie de transposer cette ambiance sur le papier, et c’est fort bien réussi. Afin de rester dans le domaine de la fiction, les noms de lieux ont été transformés.

Il est à noter, qu’une Baraque, n’est pas une masure, mais une maison en granite, souvent isolée, appartenant à l’administration des Ponts et Chaussées, qui permettait de loger un cantonnier et sa famille
Le roman se déroule dans un paysage de tourbières, source de légendes, qui dégage un climat inquiétant et l’on sent des êtres maléfiques qui rodent. Il décrit aussi le panorama typique du haut pays lozérien qui forme une population à son image rude et parcimonieuse.

LA DICTEE

Monsieur Plume alias Monsieur Clavier

 Quoi qu’il fît et bien qu’il fût soigneux et même tatillon, Monsieur Plume ne décolérait pas : quelque importants qu’ils soient, son éditeur mélangeait tous les in-quarto(s) qu’il lui adressait. Son encyclopédie des plantes et des fleurs composait alors d’étranges bouquets : les rhododendrons côtoyaient les belles-dames et les belles-de-jour, tandis que les perce-neige concurrençaient les dahlias, les fuchsia et les chrysanthèmes, les groseilliers louaient à l’envi les narcisses échappés de leur(s) plate(s)-bande(s), les genévriers avaient leurs épines piquées dans les feuilles de cytises ou de térébinthes, les prêles et les crocus baguenaudaient dans les futaies et les cépées serrées des châtaigniers. Déjà cacochyme et cyclothymique, Monsieur Plume, qui de surcroît souffrait d’une cirrhose et d’ecchymoses bleuies (érysipèle ecchymotique avait diagnostiqué le médecin), ne savait comment remédier à ce désordre chronique. La solution vint de son éditeur. Finie la plume, lui avait-il enjoint, fût-elle d’oie, de faisan, de bartavelle ou de tétras lyre, bref d’un quelconque gallinacé. Il fallait passer au clavier, celui du PC. Les octets remplaceraient les lettres et l’écran la page. Votre calligraphie défaillante ne sera plus source d’erreur et vos in-octavo(s) seront de véritables bijoux.
Mais s’étaient-ils demandé tous les deux, ne faudrait-il pas changer de nom et s’appeler dorénavant Monsieur Clavier ? Alors, son encyclopédie sous le bras, Monsieur Plume est passé sur les fonts baptismaux, sur lesquels l’avait conduit son éditeur.